Cloison de bureau amovible : choisir un système Rw et αw cohérents
La cloison de bureaux amovible est l’un des achats les plus structurants d’un aménagement tertiaire. Elle conditionne la modularité future des espaces, la performance acoustique entre salles de réunion et open space, et la conformité au Code du travail R4213-1 sur le confort sonore. Le marché propose trois grandes familles : les cloisons à âme pleine plâtre ou bois, les cloisons vitrées simple ou double vitrage, et les cloisons mixtes vitré-plein avec bandeau opaque. Chacune se caractérise par un Rw d’affaiblissement acoustique mesuré selon NF EN ISO 10140 en laboratoire, mais c’est le Rw apparent in situ, mesuré selon NF EN ISO 10848 en intégrant les transmissions latérales, qui détermine la performance vécue par les occupants.
Comprendre le Rw selon le programme
Pour une salle de réunion confidentielle où des conversations sensibles doivent rester inaudibles depuis l’open space adjacent, on cible un Rw apparent de 45 à 50 dB, ce qui correspond à un Rw laboratoire de 50 à 55 dB selon le système choisi. Pour une salle de réunion standard sans exigence de confidentialité forte, un Rw apparent de 38 à 42 dB suffit, atteint par une cloison double plaque BA13 avec laine minérale et joints traités. Pour une cloison vitrée, le Rw dépend de l’épaisseur du verre et de la composition feuilletée acoustique : un double vitrage 8,8/16/6 mm avec PVB acoustique atteint 42 dB Rw laboratoire, là où un simple verre trempé 10 mm plafonne à 35 dB. Le choix de la cloison de bureau doit donc suivre le programme acoustique, pas l’inverse.
Transmissions latérales et acoustique du local
Une cloison parfaite en laboratoire peut sous-performer en chantier réel si les transmissions latérales via plafond suspendu, plancher technique ou façade ne sont pas traitées. Le plafond suspendu standard sans plénum traité laisse circuler le son entre cellules à travers la lame d’air, et peut dégrader le Rw apparent de 5 à 10 dB. La solution passe par un plafond suspendu plein descendant jusqu’à la dalle béton, ou par un calfeutrement plénum avec laine minérale dense au-dessus de la cloison. Les plinthes techniques et les passages de câbles non rebouchés constituent les autres points faibles courants. La règle empirique des acousticiens du CSTB : tout point de fuite équivalent à 1 pour cent de la surface de la cloison divise par deux son affaiblissement perçu.
Absorption interne et confort dans la salle
La cloison amovible peut intégrer un parement absorbant côté pièce, typiquement un panneau microperforé acoustique habillé de tissu, ou un complexe laine minérale plus tissu acoustiquement transparent. Cet apport interne est utile dans les salles de réunion fréquentées qui sans traitement deviennent réverbérantes et fatigantes au-delà de quinze minutes. L’αw visé sur les parois absorbantes intégrées tourne autour de 0,70 à 0,85 selon la classe d’absorption visée NF EN ISO 11654. La cohérence acoustique globale d’une cellule de bureau passe ainsi par trois couches simultanées : la masse pour l’isolation entre pièces, l’absorption pour le confort interne, et l’étanchéité aux passages techniques pour éviter les fuites. Acheter un système de cloison amovible sans cette grille de lecture revient à exposer le client à des déceptions prévisibles et à des reprises coûteuses.

Emilien Barbier est ingenieur acousticien certifie CIDB avec 12 ans d experience dans le BTP et l industrie. Diplome de l ENTPE et specialise en acoustique du batiment, il intervient sur des projets de diagnostics acoustiques, d isolation phonique et de conformite aux normes NF S31-080 et NRA 2026. Base a Lyon, il collabore avec des cabinets d architecture, des promoteurs immobiliers et des collectivites. Il contribue regulierement a des publications techniques sur la reglementation acoustique en France.

