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À 60 dB dehors, viser 30 dB dans une chambre change tout de suite le niveau de vitrage à choisir. Dans ce cas précis, il faut au moins 30 dB d’affaiblissement, avec une cible de type AR3, AR4 ou AC2, AC3.
Il faut faire coller deux choses : le bruit que vous subissez dehors et le niveau sonore que vous voulez garder dedans, autour de 30, 35 dB.
Le bon classement part de la question du bruit extérieur
Vous pouvez lire ce choix comme un écart à rattraper. Si l’extérieur est peu bruyant, la réponse ne sera pas la même que sur une rue passante, au bord d’un axe routier ou sous un trafic ferroviaire ou aérien.
Les deux échelles données ici vont dans le même sens. Pour les vitrages, le classement va de AR1 à AR6. Pour les fenêtres, il va de AC1 à AC4.
Plus le chiffre monte, plus la protection progresse contre le bruit routier, le bruit ferroviaire ou le bruit aérien. Si vous habitez dans un environnement dur, rester sur le premier niveau vous laisse souvent trop près du bruit extérieur.
Rue calme : un vitrage standard peut déjà suffire
En zone calme ou peu bruyante, l’exemple donné se situe autour de 45, 55 dB à l’extérieur. Là, un vitrage standard peut rester cohérent, car l’écart à absorber n’a rien à voir avec celui d’un boulevard ou d’un passage de train.
Le repère le plus courant est le 4/16/4, donné comme AR1 / AC1. Son affaiblissement est annoncé autour de 28, 31 dB.
Le double vitrage standard 4-16-4 est aussi donné à 28, 30 dB, avec la mention AC1 / AR1. Dans un cadre peu bruyant, le niveau de base peut être suffisant si votre objectif intérieur reste dans la zone 30, 35 dB.
Faut-il encore regarder le simple vitrage ?
Le simple vitrage 4 mm est donné à 25 dB. L’écart avec un standard moderne existe donc déjà sur le papier, même avant de parler de classes plus hautes.
Dès que le bruit extérieur grimpe, cette base devient trop courte. Sur un environnement tranquille, elle peut sembler supportable ; sur une rue chargée, elle ne l’est plus vraiment.
Entre 55 et 60 dB dehors, il faut monter d’un cran
Pour une rue passante, un carrefour urbain ou un axe routier, l’exemple donné monte à 55, 60 dB. Là, viser un vitrage standard revient souvent à rester juste, voire trop juste.
La cible indiquée devient alors AR3, AR4 ou AC2, AC3. L’affaiblissement associé tourne autour de 34, 40 dB.
Je déconseille de rester au niveau AR1 / AC1 dans cette configuration. Le repère pratique fourni est clair : pour une rue très passante à 60 dB avec un objectif 30 dB en chambre, il faut au moins 30 dB d’affaiblissement, donc une classe de type AR3, AR4 ou AC2, AC3.
Vous gagnez alors en marge. Et cette marge compte, car la cible intérieure reste posée autour de 30, 35 dB.
Quel type de vitrage regarder dans ce cas ?
Deux solutions sont citées pour ce niveau de bruit : le vitrage asymétrique et le feuilleté acoustique. C’est souvent là que le vitrage devient vraiment adapté à une rue chargée.
Si vous êtes exposé à un trafic continu, mieux vaut donc regarder la structure du verre autant que la classe affichée. Le bon code seul ne raconte pas tout ; le type de vitrage aide à atteindre l’affaiblissement visé.
À 80 dB et plus, viser petit est une erreur
Les zones très bruyantes changent complètement l’équation. L’exemple donné parle de 80 dB et plus.
Ici, les classes visées montent à AR5, AR6 ou AC4. La réduction annoncée dépasse 40 dB.
Vous entrez dans un besoin de protection élevé, avec un vitrage feuilleté acoustique, parfois en double ou triple.
Quand le bruit de départ est très haut, prendre une classe moyenne revient souvent à payer pour un résultat qui restera décevant. Plus le bruit de départ monte, plus le classement doit suivre.
CEKAL et Acotherm : comment lire les codes sans vous perdre
La première échelle est bâtie sur les indices RA,tr et Rw. Elle couvre une réduction allant d’environ 25 dB à plus de 43 dB.
La seconde indique l’affaiblissement routier R(Atr), avec une plage d’environ 28 dB à 40 dB. Vous n’avez pas besoin de retenir toute la théorie pour faire un tri utile.
AR1 ou AC1, c’est l’entrée de gamme acoustique. AR6 ou AC4, c’est le haut de l’échelle pour des environnements bien plus exposés.
Si vous comparez deux devis, cette hiérarchie vous évite déjà une erreur fréquente : croire qu’un “double vitrage” se vaut toujours. Entre ≈28, 30 dB et >40 dB, l’usage visé n’a plus rien à voir.
Le repère le plus utile reste votre cible intérieure
Beaucoup de lecteurs partent du produit. Je partirais plutôt du résultat voulu : 30, 35 dB à l’intérieur. Vous choisissez ensuite la classe capable de rapprocher votre pièce de cette cible, selon le bruit extérieur réel.
Sur 45, 55 dB dehors, un standard peut tenir la route. Sur 55, 60 dB, il faut déjà monter vers AR3, AR4 ou AC2, AC3. À 80 dB et plus, il faut viser AR5, AR6 ou AC4, avec une réduction de plus de 40 dB.
Vous achetez un niveau de réponse face à un niveau de bruit précis. C’est moins flatteur sur une brochure, mais c’est bien plus utile au moment de dormir, travailler ou simplement fermer la fenêtre sans continuer à subir la rue.

Emilien Barbier est ingénieur acousticien certifié CIDB avec 12 ans d’expérience dans le BTP et l’industrie. Diplômé de l’ENTPE et spécialisé en acoustique du bâtiment, il intervient sur des projets de diagnostics acoustiques, d’isolation phonique et de conformité aux normes NF S31-080 et NRA 2026. Basé à Lyon, il collabore avec des cabinets d’architecture, des promoteurs immobiliers et des collectivités. Il contribue régulièrement à des publications techniques sur la réglementation acoustique en France.

